Try !

Extraordinaire partie que celle livrée par les deux équipes sur la pelouse du stade Daniel Ambert ce samedi 4 juin. Le public, venu en nombre, a été tenu en haleine jusque dans les dernières secondes où, à la soixante dixième minute, au tableau d’affichage, les Toulousains avaient un pied en finale. Mais, durant les six minutes de prolongation, la détermination du collectif rouge et vert et la lucidité des meneurs ont fait basculer le match.
71ème (au tableau), dans les 22 adverses (30 à 32), Pia attaque mais la défense du T.O tient bon. Coup franc pour tenu mal joué accordé aux visiteurs qui ne trouvent pas la touche à vingt mètres et, après une attaque petit coté, feinte de l’ouvreur local après un faux appel du 10 et passe au cordeau pour l’homme du match, le seconde ligne Navarette, qui marque en force l’essai de l’espoir. Pia passe devant au score, 34 à 32. Les joueurs avertis se placent en cas de court coup de pied à l’engagement et récupèrent sur coup franc le ballon qui n’a pas fait dix mètres. Sans prendre de risque, les Pianencs avancent, intelligents le 6 et le 7 jouent petit, simple, entre eux, la charnière endort les chasseurs, deux passes à l’intérieur et le 13, à nouveau, en force, déroule son bras et aplatit en bonne position. Un essai bleu blanc rouge (38 à 32).
Dix secondes à jouer, le tableau, par erreur, affiche 38 à 30 et non pas 38 à 32. Les catalans se relâchent, Toulouse fait un en avant repris par un Pianenc qui ne contrôle pas le ballon. Fallait-il revenir à la première
faute ? L’arbitre ne le voit pas et accorde un mêlée à Toulouse qui marque en coin et qui a l’égalité au bout du soulier du buteur. Mais la seule transformation manquée du T.O fut celle-ci.
Score final 38 à 36. Acclamés par le public de Pia en délire, les joueurs, pour leur dernier match au stade de la Basse, font le tour du terrain sous les ovations.
Revenons sur la partie. Les locaux attaquent dés les premières minutes et les centres traversent par deux fois (10 à 0). Même attaque, même percée, mais le 4 local, seul face à l’arrière, oublie ses soutiens, le 7 intérieur et l’ailier et tape à suivre au troisième tenu dans les bras de l’arrière qui n’en demandait pas tant. Trois tenus plus loin, c’est le premier essai de Toulouse qui transforme. Les joueurs de la ville rose reprennent confiance et l’essai refusé au 9 Pianenc par l’arbitre, derrière le tenu après une charge ravageuse du 8, essai que Toulouse ne conteste pas, redonne espoir aux visiteurs. Pia veut mettre du rythme et prends des risques dans ses 30 mètres dans les premiers tenus, et de combinaisons avortées en fautes de mains, Toulouse revient dans la partie avec des essais tous transformés. Les Pianencs, vexés, durcissent le ton et distribuent des caramels, les Toulousains jouent rapidement et leurs combinaisons, s’avèrent gagnantes. Ils prennent le score à la mi-temps avec deux essais de moins.
Après les citrons, les rouges et verts enragés jettent toute leur force dans la partie, le champ de bataille fait des victimes coté Toulousain et l’excellent troisième ligne international adverse, après un tampon de Super League du 12 local, sort définitivement, rejoignant le centre secoué par ce même seconde ligne quelques minutes avant. A ce moment de la partie, qui est toujours restée correcte quoi qu’en disent les visiteurs amers, évidemment choqués par l’intensité des débats et par les blessures accidentelles de leurs joueurs, la réussite change de camps et les catalans lucides,  réduits à douze, prennent moins de risques, jouent simple, et, après deux 40/20 gagnantes du 6 et du 7, scorent encore. Mais la faillite du buteur, qui laisse quatorze points sous les perches, ne leur permet jamais de tuer le match. Quel bel essai que celui de l’ailier qui attrape un ballon distillé au pied par le 7 dans l’en but de Toulouse. Quel exploit du 6 qui, après avoir encaissé un essai, ajuste son coup de pied d’engagement sur l’ailier du TO, le désintègre à la prise de balle et laisse ses coéquipiers le jeter en touche en touche, groggy. Ce même joueur, qui tape pour lui-même un coup de pied à suivre, prend le ballon des mains de son adversaire et, quatre tenus plus loin, marque le sixième essai de la rencontre. Qu’en serait-il si les locaux n’avaient pas désobéi aux entraîneurs et avaient tenté une pénalité au lieu de la jouer à la main ? (6 point au bout). Pourquoi l’arbitre refuse-t-il l’essai au numéro 7 local qui s’arrache au milieu de trois défenseurs et aplatit au milieu des perches ? Et fait rejouer le tenu ? Une partie exceptionnelle et folle donc, livrée d’un coté par une équipe de Toulouse qui ne laisse rien au hasard, ses dix joueurs du pôle et ses internationaux, sa technique et son collectif, et de l’autre par un groupe de Pianencs habitués aux phases finales et donc aux matches difficiles (cinquième titre pour certains), têtus comme leur animal emblématique et animés par une rage de vaincre qui les transcende dans les moments difficiles.

Objectif atteint par les protégés de Gérard Arasa qui, quelle que soit l’issue de la finale de dimanche à Limoux, auront réussi le plus important et le plus beau challenge : rester ensemble, pour la plupart depuis déjà huit saisons, avoir connu des titres, des victoires dans la douleur, n’avoir jamais baissé les bras face à la difficulté et surtout se retrouver toujours en dehors des stades comme une « famille ».

Pia 38 – 36 Toulouse

Pia : 8 essais, 3 transformations, 2 essais refusés

Toulouse : 6 essais, 5 transformations, 1 pénalité.