nouvelle-vague_303519_516x343 [Miniature WP]Ces dernières saisons, le paysage du rugby à XIII hexagonal s’est métamorphosé. Les finalistes du championnat, Pia et St-Estève/XIII Catalan, ont pris le train en marche. La finale du championnat offre un duel entre les deux équipes roussillonnaises Saint-Estève/XIII Catalan et Pia. Un derby, apogée ultime d’une saison régulière menée par les deux rivaux. Mais, dimanche, sur le pré de Gilbert-Brutus, dans la Mecque du rugby à XIII, on sera bien loin des Pia-XIII Catalan des années 90. Car en presque vingt ans, il n’y a pas que les acteurs qui ont changé. Le jeu a évolué, le championnat avec, l’Elite s’est resserrée et l’apparition d’une franchise catalane en Super League a contribué à modifier la donne. Résultat, difficile de trouver des joueurs du cru, issus du sérail.

Seul Thomas Ambert

À SM Pia, il est bien loin le temps où l’on défendait fièrement le maillot flanqué de l’âne et du clocher. Mais que voulez-vous. L’équipe de Marc Ambert, au soir du 30 mai 2010 et sa finale perdue face à Lézignan, avait indiqué par la voix de son président : « On sait comment faire pour gagner, on reviendra plus fort ». Alors, les Salanquais ont recruté. En France, déjà, avec les frères Bentley et Stacul en provenance des Dracs, mais aussi Moly de l’ASC, Mayans de Limoux et deux authentiques espoirs de Carpentras, Soubeyras et Comtat. Pendant ce temps, les joueurs ‘made in Pia’ quittaient la Basse. Afin de franchir un palier, les Salanquais se sont aussi attaché les services de nombreux étrangers : Shorter, Vaiotu, Carr, Vaeau, Cooper, Mataka et Tandy, sans parler de Lamelangi, déjà en France depuis de nombreuses saisons. Soit sept au total. Bilan : dimanche dernier, seul Thomas Ambert portait l’étiquette de joueur élevé au biberon ‘vert et rouge’. En Salanque, on a usé de tous les moyens possibles pour rafler un titre qui glisse entre les doigts depuis 2007. Avec notamment, trois finales perdues. « Un gros travail à récompenser par un titre », selon le capitaine Maxime Grésèque au soir de la qualification toulousaine.

Swain chef de file

En ce qui concerne Saint-Estève/XIII Catalan, le problème est plus complexe. Depuis deux ans, les dirigeants très actifs de la réserve des Dragons, ont eux aussi fait leur marché en France. Swain, auteur du doublé coupe-championnat au printemps dernier avec l’ASC, a débarqué en Ribéral avec Springer (Toulouse), Robin (Villeneuve), Rouch (Limoux), et Bouzinac (Lézignan). Cardace, lui, avait déjà fait le grand saut une saison plus tôt en provenance du FCL. C’est un fait. La réserve des Dracs ne se contente plus de faire monter des jeunes juniors. Le groupe est plus étoffé avec un juste équilibre qui semble avoir été trouvé. Le président Gérard Caillis a son analyse : « Luke Swain nous apporte énormément. Les joueurs ont senti autour d’eux qu’il y avait un grand frère, mais aussi quelqu’un de très professionnel, qui fait très bien la passerelle avec les Dragons (il en est le préparateur physique). Même si je pense que le déclic s’est produit lors de notre stage en Angleterre l’été dernier , il manquait quelqu’un comme Swain à cette équipe ». Mais ce recrutement n’a pas été fait dans le but de glaner des titres, assure le président : « Je suis un président comblé avec les juniors et l’équipe première en finale. Mais ce recrutement avait été décidé par Trent (Robinson) et Steve (Deakin) dans l’espoir de faire évoluer ces joueurs pour qu’un jour ils rejoignent les Dragons ». Cependant, avec les renforts – et non des moindres – de Gossard et Raguin, Saint-Estève/XIII Catalan s’est donné les moyens d’atteindre les sommets du rugby à XIII français. Même si le club communique toujours sur les cousins Guasch, Jamil, Scimone, Da Costa, Borras et Margalet, les purs produits des écoles de rugby affiliées aux Dragons Catalans. A chacun sa philosophie. Un même but. Les deux fortes têtes catalanes avaient décidé cette année de bousculer l’hégémonie audoise sur le championnat français. Et qu’importe laquelle de l’une ou l’autre politique s’avérera payante dimanche soir à Brutus. Après cinq saisons passées au nord de Salses, l’essentiel n’est-il pas que le Max Rousié revienne dans le Roussillon ? Luke Swain, le ‘grand frère’ qui manquait aux Baby Dracs.

viaNouvelle vague – Lindépendant.fr.